Origine et histoire du Musée d'art moderne, contemporain et brut
Le LaM - Lille Métropole Musée d'art moderne, d'art contemporain et d'art brut, anciennement musée d'art moderne de Villeneuve-d'Ascq, est né d’une donation exceptionnelle. En 1979, Jean Masurel, héritier du collectionneur Roger Dutilleul, offre à la Communauté urbaine de Lille plus de 200 œuvres modernes (Picasso, Braque, Modigliani, Léger). Ce geste fonde un musée conçu dans les années 1970 dans le cadre des villes nouvelles, inauguré en 1983. Le bâtiment, signé par l’architecte Roland Simounet, s’intègre dans un parc de sculptures et mêle références méditerranéennes et tradition locale.
La collection s’enrichit en 1999 avec le fonds d’art brut de l’association L’Aracine, devenant la plus importante de France dans ce domaine. Entre 2006 et 2010, le musée est agrandi par Manuelle Gautrand pour accueillir ces nouvelles œuvres, passant de 7 600 m2 à 11 000 m2. Il rouvre sous son nom actuel, LaM, et propose désormais des espaces dédiés à l’art moderne (950 m2), contemporain (600 m2) et brut (1 100 m2), ainsi qu’une bibliothèque de 40 000 ouvrages.
Le LaM se distingue par son parc de sculptures, initié par les pièces en pierre d’Eugène Dodeigne et Jean Roulland issues de la collection Masurel. Il s’étend avec des œuvres monumentales comme Femme aux bras écartés de Picasso (1962) ou Between Fiction and Fact de Richard Deacon (1992), commande publique. Le musée, inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2000, est géré depuis 2012 par un Établissement Public de Coopération Culturelle (EPCC).
Les expositions temporaires et la politique d’acquisitions dynamisent sa fréquentation, passant de 80 000 visiteurs annuels avant 2006 à plus de 150 000 après sa réouverture. Des records sont atteints avec des rétrospectives comme celle d’Amedeo Modigliani en 2016 (194 000 visiteurs en 3 mois). Le LaM joue aussi un rôle pédagogique, avec des ateliers, un auditorium, et une accessibilité renforcée (gratuit le premier dimanche du mois, dispositifs pour publics en situation de handicap).
Son histoire est marquée par des tensions lors de sa construction, notamment entre l’architecte Roland Simounet, le donateur Jean Masurel et le conservateur Pierre Chaigneau. Ces conflits, résolus après l’intervention de Jack Lang (ministre de la Culture en 1981), ont conduit à modifier le projet initial, augmentant sa surface et son coût (57,5 millions de francs au lieu de 35 millions prévus). Le musée bénéficie aujourd’hui du label musée de France et d’un budget annuel d’environ 6,5 millions d’euros (2010), financé majoritairement par la Métropole lilloise.